Nineteen Eighty-Four,

by Georges Orwell,

Publisher : Penguin Books

J’ai enfin lu ce classique tant recommandé et je n’en suis pas déçue.

1984 est un roman d’anticipation écrit par Orwell dans la fin des années 40.

Je vais d’abord commencé par résumer le roman. L’histoire se passe en 1984 (d’où le titre) dans un monde divisé en trois grandes puissances : Océania (Amérique, UK, Océanie, Afrique du Sud), Eurasia (Europe et Russie) et Estasia (Chine, Inde, Mongolie et Japon). Ces trois puissances sont en continuelle guerre pour s’approprier les terres restantes. L’Océania, où se déroule le roman, est dirigée par un régime totalitaire dont la figure emblématique est Big Brother et dont le slogan est :

War is peace

Freedom is slavery

Ignorance is strength.

Les habitants d’Océania sont divisés en trois catégories : les membres du Parti Intérieur, ceux du Parti Extérieur et les prols (prolétaires). Winston, le personnage principal, est un membre du Parti Extérieur et travaille au Ministère de la Vérité. Son job consiste à réécrire le passé de façon à ce qu’il corresponde au présent de Big Brother. Par exemple, Océania était en guerre contre Estasia mais à présent elle est en guerre contre Eurasia, toutes les archives vont être réécrites afin qu’il soit partout écrit qu’Océania a toujours été en guerre contre Eurasia. Il y a trois ministère en Océania : le Ministère de la Vérité comme je viens de le dire, celui de la Paix et celui de l’Amour. Le Ministère de la Paix est en fait celui de la Guerre et celui de l’Amour est celui de la Torture.

Dans cette société, des telescreens sont installés partout (excepté chez les prols) afin d’observer les individus à longueur de journée. Winston est révolté par le monde dans lequel il vit mais il doit bien sûr le cacher. Aucune façon de savoir si il est le seul à douter des bienfaits du Parti jusqu’au jour où Julia, une jeune fille qui travaille au même ministère, lui glisse un mot dans lequel elle lui dit être amoureuse de lui (le sentiment d’amour est interdit en Océania, les mariages sont arrangés par le gouvernement et l’acte sexuel ne sert qu’à faire des enfants). Julia et Winston vont réussir à se retrouver en cachette et vont louer une mansarde chez les prols où ils se retrouveront fréquemment. Ces moments de bonheur ne pourront malheureusement pas durer longtemps.

Après ce résumé je voulais parler de quelques thèmes abordés dans ce roman qui m’ont tout particulièrement intéressée.

Tout d’abord, je souhaite parler du thème de la surveillance omniprésente dans ce roman à travers les telescreens. L’individu doit toujours se contrôler, contrôler ses expressions du visage, ses actions, ses paroles. Il arrive que des individus parlent en dormant et révèlent des pensées contre le Parti, ils se font aussitôt arrêter et disparaissent. Winston et Julia échappent à cette surveillance en louant une mansarde chez les prols chez lesquels il n’y a pas, ou peu, de telescreens. Cette surveillance par des écrans, on la retrouve dans notre société actuelle. Bien sûr pas au point de 1984, mais de nombreuses caméras sont installées dans les rues, les entreprises, les magasins. En Angleterre, on peut être sûr d’être surveillés lorsque l’on marche dans la rue par les caméras de CCTV et cela commence aussi à se mettre en place en France. C’est assez inquiétant même si l’on a tendance à l’oublier lorsque l’on n’a rien à se reprocher. Selon Foucault, ce principe de surveillance, être vu sans savoir quand ni voir celui qui nous observe, permet une autodiscipline. L’individu se contrôle de lui-même. L’autodiscipline à la place de la punition. Mais n’est-ce pas une atteinte à la liberté de l’individu ?

Le second sujet que j’aimerais aborder est celui du Newspeak. Dans 1984, l’un des collègues de Winston est chargé de rédiger le dictionnaire du Newspeak. Le principe du Newspeak est de diminuer le nombre de mots existants afin de limiter la pensée de l’individu. En effet, étant dans un état totalitaire, tous les mots tels que honneur, justice, moralité, démocratie, science, religion vont littéralement disparaître. Ensuite, quelle est la nécessité d’avoir le mot « bad » lorsque l’on peut dire « ungood » ? Le mot « free » ne voudra plus dire « libre » dans le sens de « liberté individuelle » mais plutôt « this dog if free from lice » (ce chien n’a plus de poux). Certains mots auront une signification positive lorsqu’ils concerneront le Parti et négative lorsqu’ils s’appliqueront aux ennemis du Parti. Ainsi, il n’existera plus de mots pour critiquer le Parti. On pourra toujours dire « Big Brother is ungood » mais cela apparaîtra comme une évidente absurdité et de toute façon il sera impossible d’argumenter dans ce sens du à l’absence de vocabulaire qui le permettrait. Le Newspeak rassemble aussi tout un concept, une idée en un seul et simple mot. Par exemple, « goodthink » signifie penser de manière orthodoxe, « goodsex » signifie chasteté… Et les mots tels que Ministere of Truth ou Communist International deviennent Minitrue et Comintern. Bref, le but du Newspeak est de limiter la pensée de l’individu en supprimant le vocabulaire qui lui permettait d’argumenter.

Enfin, le dernier sujet dont j’aimerais parler est la partie au Ministère de l’Amour. Ceux qui n’ont pas lu le livre et souhaiteraient le lire alors ne lisez pas ce paragraphe car j’y dévoile la fin. Une fois arrêtés, Winston est emmené au Ministère de l’Amour pour y être torturé. Le but de cette torture n’est cependant pas de faire dévoiler les secrets de Wisnton puisque son tortionnaire connait déjà tout ce que pense Winston. Le but de cette torture est de transformer la haine de Winston pour le Parti en de l’amour et de l’admiration. Toute volonté de résistance de Winston est détruite, il trahit Julia, la renie. Il admet que « 2+2=5 ». Ce qui est développé dans cette partie c’est le concept de doublethink. Le fait de pouvoir penser quelque chose que l’on sait être fausse mais l’on a la possibilité d’oublier que c’est faux. C’est comme oublier le passé pour accepter un nouveau passé imposé par Big Brother. Mais cela ne s’arrête pas là, il faut également oublier le fait d’avoir oublié. Cette manipulation de l’esprit de l’individu est effrayante.

Ce roman est excellent mais inquiétant. Est-ce que notre futur pourrait ressembler à celui dans ce livre ? Ce roman a été écrit à la fin de la seconde guerre mondiale, alors que le totalitarisme était d’actualité. Aujourd’hui, le totalitarisme ne nous menace plus vraiment. Mais n’y a t’il pas d’autres menaces qui pourraient porter atteinte à notre liberté individuelle ? La surveillance n’est pas une fiction par exemple.

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