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Science Fiction

Mémoria

Mémoria 

De Laurent Genefort

Publié par Gallimard – Folio SF

Tout d’abord, je remercie les éditions Gallimard et le site Babelio pour m’avoir envoyé ce roman.

Je pense que j’ai de plus en plus de difficultés à apprécier un roman de SF… Ou alors, il faut que ce soit de l’anticipation.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé lire Mémoria mais je pense que d’ici quelques semaines j’aurai oublié avoir lu ce roman.

Mémoria, c’est l’histoire d’un « homme » (on apprend vers la fin que ce n’est pas tout à fait un homme) qui est immortel grâce à la technologie Mémoria. Celle-ci lui permet de déplacer sa conscience de corps en corps. Mais à chaque fois qu’il change de corps, c’est pour remplir une mission bien précise : tuer un dictateur ou un chef d’Etat le plus souvent. Une fois sa mission accomplie, il rend le corps à son propriétaire qui ne s’est rendu compte de rien.

Cependant, après des années d’utilisation de Mémoria, des cauchemars commencent à l’assaillir. Il approche de la fin… Comment vivra-t-il ses derniers mois ?

L’idée est assez originale mais le roman est long à débuter. Il est divisé en 3 parties et la première est uniquement consacrée à l’une de ses missions. On apprend quelques infos sur le personnage principal mais on n’entre pas vraiment dans le vif du sujet.

Cela ne devient intéressant que vers le milieu de la 2e partie.

Je ne peux pas dire que je suis déçue car je ne connais pas cet auteur et je n’ai lu aucune critique de ce roman, mais je ne me relancerai peut-être plus dans un roman de SF au hasard.

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Naoki Urasawa

Je profite de mon « séjour » en librairie bandes dessinées pour faire quelques chroniques BD/mangas et je commence avec mon auteur préféré de manga : Naoki Urasawa !

Auteur de trois séries en France qui ont toutes connu un énorme succès, Naoki Urasawa est bourré de talents. Il est à la fois scénariste et dessinateur. Des scénarios toujours complexes et bien menés et un dessin tout de suite identifiable. En effet, son dessin n’est pas tout à fait typique du manga, ses personnages ont de vraies expressions et ils sont facilement identifiables (problème très fréquent dans le manga : tous les personnages se ressemblent sauf que l’un est blond, l’autre est brun, seul moyen de ne pas les confondre. Mais combien de fois je me suis perdue dans l’histoire car deux personnages sont trop semblables !).

Petite présentation des différentes séries:

20th Century Boys (Panini Manga):

Lorsqu’ils étaient enfants, un groupe d’amis a inventé une histoire sur la fin du monde. Une fois adulte, ils découvrent que ce qu’ils avaient écrit est en train de se produire. Un groupe terroriste dirigé par « Ami » aurait dérobé l’histoire des enfants. Tous les membres du groupe vont se retrouver pour essayer de contrer Ami et de découvrir son identité : serait-il l’un des enfants du groupe ? Sinon comment aurait-il pu avoir connaissance de l’histoire ?

Cette série en 22 tomes (+ 2 tomes de 21st Century Boys) est très complexe. Le pouvoir d’Ami grandit au fur et à mesure des tomes et devient incontestable. Alors que son identité est sur le point d’être démasquée une nouvelle surprise attend les personnages principaux. C’est une série à lire d’une traite pour ne pas être perdu au milieu de tous les renversements de situations. Mais comme c’est agréable de lire une série de mangas avec une riche intrigue et qui ne bascule pas dans le vulgaire shonen avec moult combats.

Monster (Kana):

La meilleure série de Naoki Urasawa selon moi !

Tenzo Kenma est un chirurgien renommé en Allemagne. D’une grande bonté et avec un grand sens de la justice il va sauver la vie d’un jeune garçon alors que le directeur de l’hôpital lui demandait de s’occuper du maire de la ville en premier car sauver la vie du maire bénéficierait davantage à améliorer l’image de l’hôpital. Ce choix, Tenma va pourtant le regretter lorsqu’il va s’avérer que l’enfant qu’il a sauvé s’avère être un monstre. Non pas un monstre au premier sens du terme (Naoki Urasawa ne bascule pas dans le fantastique) mais un horrible meurtrier. L’enfant aurait tué ses parents adoptifs et des années après son rétablissement de nombreux meurtres inexpliqués ont été commis. Tenma est le seul a savoir que l’enfant qu’il a sauvé, Johann, est à l’origine de ces meurtres. Afin d’apporter des preuves, il va partir à la recherche de Johann et fouiller son passé ainsi que celui de sa soeur.

Cette série en 18 tomes est très psychologique. Johann, à présent jeune homme, semble être parfait et se fait apprécier de nombreuses personnes alors qu’au fond de lui se cache un monstre de la pire espèce. Très intelligent, Tenma n’arrive jamais à l’atteindre mais ses recherches lui feront découvrir l’horrible passé de Johann.

Un grand dessin et une intrigue passionnante mais aussi effrayante !

Et pour finir Pluto (Kana):

Seulement quatre tomes sont sortis en France pour le moment mais cette série comptera en tout 8 tomes.

Dans un monde où le robot est presque l’égal de l’Homme (à l’exception près que le robot ne peut faire de mal à l’Homme), des robots et des chercheurs sont mystérieusement assassinés et leur tête est décorée de cornes. Cela semble être l’acte d’un robot (les meurtres sont parfaits) mais ceux-ci ne peuvent pourtant pas attaquer l’Homme. Gesight, inspecteur robot, est chargé de l’affaire. Le lein entre toutes les victimes semblent être le conflit qui a eu lieu en Asie Centrale. Gesight lui-même semble être l’une des personnes visées par le meurtrier.

Quel plaisir de retrouver les intrigues et le dessin d’Urasawa dans cette nouvelle série ! Encore une fois, une intrigue complexe dans un tout nouvel environnement de SF inspiré par Tezuka, l’auteur d’Astro Boy. Cette série est prometteuse et j’attends les prochains tomes avec impatience !

Trois séries, trois intrigues très différentes mais tout aussi passionnantes, des personnages avec des personnalités approfondies par l’auteur, trois merveilles que je vous conseille absolument de lire !

Autre atout de Urasawa : des séries qui sont finies !! =) 22, 18, 8 tomes, pas besoin d’attendre des années pour connaître la fin !

Autre auteur coup de coeur découvert récemment : Setona Mizushiro (critique par XO Arum)

Fondation

Fondation

Le Cycle de Fondation T.1

Par Isaac Asimov

Publié par Gallimard, Folio SF

Enfin j’ai osé m’attaquer à ce long cycle ! Enfin tout du moins j’ai lu le 1er tome de cette série à cinq tomes (voire 7 si on prend en compte le Prélude et l’Aube à la Fondation).

D’Asimov, j’avais déjà lu son roman Nemesis qui avait été un vrai coup de cœur. Fondation est cependant bien différent.

Hari Seldon est psychohistorien, grâce à la science il peut prévoir le futur. Ce qu’il a vu est la fin de l’Empire dans cinq siècles suivie de trente mille ans de chaos. La fin de l’Empire ne peut malheureusement pas être évitée mais la période de ténèbres peut être réduite à mille ans. C’est dans cet objectif qu’il va crée la Fondation, une équipe de scientifiques qui vont devoir réaliser une encyclopédie qui regroupera toutes les connaissances de ce monde et qui permettra, lorsque la période de chaos sera là, d’aider les hommes à retrouver le chemin vers une société civilisée. Cette immense entreprise ne fera que débuter lorsque Hari Seldon décède. Dans les siècles qui vont suivre nous voyons l’évolution de la Fondation à travers la Galaxie et toutes les crises auxquelles elle doit faire face.

Ce cycle est une grande entreprise et il semble que le premier tome n’en soit qu’une introduction. Je ne vois pas bien où cela veut nous mener. A chaque chapitre on passe au demi-siècle suivant, les personnages changent et doivent affronter une nouvelle crise. On avance dans le roman d’une crise à l’autre et si les tomes suivants se présentent de la même manière j’ai peur que cela devienne un peu lassant. Cependant c’est remarquablement décrit et riche en détails scientifiques. Asimov a une façon de décrire le futur qui nous donne l’impression que tout est réaliste, que notre futur peut très bien devenir semblable. Seul petit regret, tout au long du roman il n’y a pas l’apparition du moindre personnage féminin. L’ambiance est très masculine, les personnes au pouvoir sont tous des hommes. Cela en devient parfois un peu lourd.

Je ne sais pas si je lirai les prochains tomes bientôt mais j’espère un jour finir ce cycle car ce roman, malgré quelques aspects négatifs, est un grand classique de la littérature de science fiction !

1984

Nineteen Eighty-Four,

by Georges Orwell,

Publisher : Penguin Books

J’ai enfin lu ce classique tant recommandé et je n’en suis pas déçue.

1984 est un roman d’anticipation écrit par Orwell dans la fin des années 40.

Je vais d’abord commencé par résumer le roman. L’histoire se passe en 1984 (d’où le titre) dans un monde divisé en trois grandes puissances : Océania (Amérique, UK, Océanie, Afrique du Sud), Eurasia (Europe et Russie) et Estasia (Chine, Inde, Mongolie et Japon). Ces trois puissances sont en continuelle guerre pour s’approprier les terres restantes. L’Océania, où se déroule le roman, est dirigée par un régime totalitaire dont la figure emblématique est Big Brother et dont le slogan est :

War is peace

Freedom is slavery

Ignorance is strength.

Les habitants d’Océania sont divisés en trois catégories : les membres du Parti Intérieur, ceux du Parti Extérieur et les prols (prolétaires). Winston, le personnage principal, est un membre du Parti Extérieur et travaille au Ministère de la Vérité. Son job consiste à réécrire le passé de façon à ce qu’il corresponde au présent de Big Brother. Par exemple, Océania était en guerre contre Estasia mais à présent elle est en guerre contre Eurasia, toutes les archives vont être réécrites afin qu’il soit partout écrit qu’Océania a toujours été en guerre contre Eurasia. Il y a trois ministère en Océania : le Ministère de la Vérité comme je viens de le dire, celui de la Paix et celui de l’Amour. Le Ministère de la Paix est en fait celui de la Guerre et celui de l’Amour est celui de la Torture.

Dans cette société, des telescreens sont installés partout (excepté chez les prols) afin d’observer les individus à longueur de journée. Winston est révolté par le monde dans lequel il vit mais il doit bien sûr le cacher. Aucune façon de savoir si il est le seul à douter des bienfaits du Parti jusqu’au jour où Julia, une jeune fille qui travaille au même ministère, lui glisse un mot dans lequel elle lui dit être amoureuse de lui (le sentiment d’amour est interdit en Océania, les mariages sont arrangés par le gouvernement et l’acte sexuel ne sert qu’à faire des enfants). Julia et Winston vont réussir à se retrouver en cachette et vont louer une mansarde chez les prols où ils se retrouveront fréquemment. Ces moments de bonheur ne pourront malheureusement pas durer longtemps.

Après ce résumé je voulais parler de quelques thèmes abordés dans ce roman qui m’ont tout particulièrement intéressée.

Tout d’abord, je souhaite parler du thème de la surveillance omniprésente dans ce roman à travers les telescreens. L’individu doit toujours se contrôler, contrôler ses expressions du visage, ses actions, ses paroles. Il arrive que des individus parlent en dormant et révèlent des pensées contre le Parti, ils se font aussitôt arrêter et disparaissent. Winston et Julia échappent à cette surveillance en louant une mansarde chez les prols chez lesquels il n’y a pas, ou peu, de telescreens. Cette surveillance par des écrans, on la retrouve dans notre société actuelle. Bien sûr pas au point de 1984, mais de nombreuses caméras sont installées dans les rues, les entreprises, les magasins. En Angleterre, on peut être sûr d’être surveillés lorsque l’on marche dans la rue par les caméras de CCTV et cela commence aussi à se mettre en place en France. C’est assez inquiétant même si l’on a tendance à l’oublier lorsque l’on n’a rien à se reprocher. Selon Foucault, ce principe de surveillance, être vu sans savoir quand ni voir celui qui nous observe, permet une autodiscipline. L’individu se contrôle de lui-même. L’autodiscipline à la place de la punition. Mais n’est-ce pas une atteinte à la liberté de l’individu ?

Le second sujet que j’aimerais aborder est celui du Newspeak. Dans 1984, l’un des collègues de Winston est chargé de rédiger le dictionnaire du Newspeak. Le principe du Newspeak est de diminuer le nombre de mots existants afin de limiter la pensée de l’individu. En effet, étant dans un état totalitaire, tous les mots tels que honneur, justice, moralité, démocratie, science, religion vont littéralement disparaître. Ensuite, quelle est la nécessité d’avoir le mot « bad » lorsque l’on peut dire « ungood » ? Le mot « free » ne voudra plus dire « libre » dans le sens de « liberté individuelle » mais plutôt « this dog if free from lice » (ce chien n’a plus de poux). Certains mots auront une signification positive lorsqu’ils concerneront le Parti et négative lorsqu’ils s’appliqueront aux ennemis du Parti. Ainsi, il n’existera plus de mots pour critiquer le Parti. On pourra toujours dire « Big Brother is ungood » mais cela apparaîtra comme une évidente absurdité et de toute façon il sera impossible d’argumenter dans ce sens du à l’absence de vocabulaire qui le permettrait. Le Newspeak rassemble aussi tout un concept, une idée en un seul et simple mot. Par exemple, « goodthink » signifie penser de manière orthodoxe, « goodsex » signifie chasteté… Et les mots tels que Ministere of Truth ou Communist International deviennent Minitrue et Comintern. Bref, le but du Newspeak est de limiter la pensée de l’individu en supprimant le vocabulaire qui lui permettait d’argumenter.

Enfin, le dernier sujet dont j’aimerais parler est la partie au Ministère de l’Amour. Ceux qui n’ont pas lu le livre et souhaiteraient le lire alors ne lisez pas ce paragraphe car j’y dévoile la fin. Une fois arrêtés, Winston est emmené au Ministère de l’Amour pour y être torturé. Le but de cette torture n’est cependant pas de faire dévoiler les secrets de Wisnton puisque son tortionnaire connait déjà tout ce que pense Winston. Le but de cette torture est de transformer la haine de Winston pour le Parti en de l’amour et de l’admiration. Toute volonté de résistance de Winston est détruite, il trahit Julia, la renie. Il admet que « 2+2=5 ». Ce qui est développé dans cette partie c’est le concept de doublethink. Le fait de pouvoir penser quelque chose que l’on sait être fausse mais l’on a la possibilité d’oublier que c’est faux. C’est comme oublier le passé pour accepter un nouveau passé imposé par Big Brother. Mais cela ne s’arrête pas là, il faut également oublier le fait d’avoir oublié. Cette manipulation de l’esprit de l’individu est effrayante.

Ce roman est excellent mais inquiétant. Est-ce que notre futur pourrait ressembler à celui dans ce livre ? Ce roman a été écrit à la fin de la seconde guerre mondiale, alors que le totalitarisme était d’actualité. Aujourd’hui, le totalitarisme ne nous menace plus vraiment. Mais n’y a t’il pas d’autres menaces qui pourraient porter atteinte à notre liberté individuelle ? La surveillance n’est pas une fiction par exemple.

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